Les bons volcans du bout du monde

Dans les écoles russes, la rangée de tables la plus éloignée de bureaux du professeur est dénommée avec humour " Kamchatka «. La plupart des russes ont entendu à la radio au beau milieu de la journée » il est minuit à Petropavlovsk «, la capitale de cette immense province. En effet, le soleil s’y lève plus tôt qu’au Japon, pourtant mondialement connu comme „pays du soleil levant“, l’heure locale avance de 9h sur l’heure de Moscou, et il faut compter au moins autant d’heure de vol pour s’y rendre en avion depuis la capitale.

Géographiquement, bien que le Kamchatka soit une péninsule, dont le tracé sur la carte tient du poisson géant, les Kamchadales se considèrent comme un peuple insulaire et connaissent la Russie comme » le continent ". En effet, les routes de la province sont séparées du reste du pays par plus d’un millier de kilomètres, qui ne peuvent être franchis qu’à pied ou en avion.
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Les Cosaques, partis de l’Oural au XVIIe siècle " à la rencontre du Soleil " parcoururent sans relâche les berges des rivières, des mers et des sentiers d’animaux pour arriver en ces lieux. Intéressés par le commerce des fourrures, ils se lièrent rapidement avec les Koriaks et les Itelmens, peuples autochtones d’origine sibérienne dont les ancêtres traversèrent le détroit de Béring pour coloniser les territoires Américains. Bien qu’ils ne comptent plus que quelques milliers d’individus, leur costumes «Mango», leurs traditions et leurs chants sont connus bien au-delà de la péninsule.
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Représentation du peuple Koryak du Nord du Kamchatka dans leur costume traditionnel

Au XVIIIe siècle, le Kamtchatka servi de base arrière pour conquérir la lointaine Alaska, découverte par Vitus Bering, un explorateur danois alors au service de la Russie. En 1740, ce dernier établi son port d’attache dans la baie d’Avacha, qui pris plus tard le nom de Petropavlovsk (Pierre et Paul), en l’honneur de ses navires «Saint-Pierre» et «Saint-Paul» et de leurs lointaines expéditions
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Vue panoramique de Petropavlovsk : la baie d'Avacha et l'océan Pacifique

Petropavlovsk n’est pas connue pour ses évènements historiques mais pour sa résistance héroïque contre un escadron franco-anglais, qui tenta vainement de capturer cette lointaine colonie russe dans l’océan Pacifique en 1854, au cours de la guerre de Crimée. Un mémorial dressé sur le sommet de Nikolskaya Sopka, composé d’une douzaine de maisons en bois du début du XXe siècle, rappelle les évènements et la vie de l’époque. Petropavlovsk est une ville très mal entretenue, mais nichée au cœur d’un paysage d’une beauté époustouflante.
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Le volcan Koryak vu depuis Petropavlovsk

D’un côté, l’immense baie d’Avacha, si vaste qu’elle pourrait accueillir toutes les flottes du monde dans la tranquillité de ses eaux, protégées par les imposantes falaises des Trois Frères. Plus loin, s’étendent les larges plages de sable volcanique noir typique de l’océan Pacifique. Tout autours, le paysage est ponctué par les cimes des volcans recouverts de neige : le Kamchatka fait partie de l’anneau de feu du Pacifique. Bien que des éruptions se produisent régulièrement, ces volcans paisibles n’ont jusqu’à aujourd’hui engendré aucune destruction ni pertes matérielles significatives.

Les deux sommets cracheurs de feu les plus imposants, ironiquement appelé «les volcans de l’origine», sont également les plus proches de Petropavlovsk. Le mont Klyoutchevski, le plus éloigné, est le volcan le plus haut et le plus actif d’Eurasie. Le mont Uzon, connu pour sa gigantesque caldeira (ensemble de cratères), abrite une vallée de geysers. Depuis Petropavlovsk, Uzon est accessible uniquement par hélicoptère ; une excursion qui offre aux passagers la possibilité d’observer les différents cratères sous toutes leurs coutures. Partout aux alentours, le pays est parsemé de sources thermales, y compris à Paratunka, tout près de Petropavlovsk.
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La caldeira du volcan Uzon dans la réserve de Kronotsky

L’automne est la meilleure saison pour visiter le Kamtchatka. En effet, la péninsule n’est pas recouverte de taïga mais de forêts de bouleaux dont la robe d’automne semble jouer avec le feu. C’est aussi la période de frai et l’abondance des poissons du Kamchatka est connue dans toute la Russie. La légende raconte qu’il y ait alors plus de saumons que d’eau dans les rivières. Le poisson, le caviar, les crabes, les pétoncles et les oursins capturés dans l’océan Pacifiques y abondent comme nulle part ailleurs en Russie.
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Il n’y a pas que les humains qui célèbrent en ces lieux l’arrivée des poissons. D’octobre à avril, les colonies d’otaries de Steller prennent leurs quartiers à Petropavlovsk, où l’on pourra également observer la plus grande population d’ours des forêts du monde.
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Colonie d'otaries de Steller

Le lac Kuri, au sud de la péninsule, est leur zone de pêche privilégiée : il y a peu d’endroits dans le monde où la nature soit aussi proche qu’indomptable.
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Réserve naturelle de Kronotsky. Un ours assis sur la rive du lac Kouriles au pied du volcan Ilyinski

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