Oulan-Oudé : sous les vents de la Grande Steppe

Après Irkoutsk et la traversée du lac Baïkal, le Transsibérien arrive à Oulan-Oudé. Ici, c’est encore la Russie mais le souffle de la grande steppe se fait déjà sentir. Le pays des nomades est tout près.

Les cosaques russes sont venus dans ces contrées au XVIIe siècle. Sur les rives du lac Baïkal, ils ont rencontré des peuples mongols. Très différents des formidables hordes du Moyen ge, ils constituaient à l’époque un groupe de petites tribus. Le nom de l’une d’entre elles, les Bouriates, a été attribué à tous les citoyens présents sur ce territoire. Les Mongols et les Bouriates demeurent de très proches parents. Leurs langues sont mutuellement compréhensibles, et la vallée natale de Gengis Khan est située à la frontière russo-mongole.
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Fondée à la fin du XVIIe siècle, Oulan-Oudé s’appelait à l’origine Verkhneoudinsk. L’avant-poste cosaque s’est rapidement transformé en une riche ville marchande, profitant de sa position stratégique sur la Grande Route du Thé. Le temple blanc comme neige de style " baroque sibérien «, la galerie marchande Gostiny Dvor de style pétersbourgeois et les bâtisses en pierre du XIXe siècle sur les bords de la rivière Selenga, témoignent toujours de cette ancienne richesse.

La ville a reçu le nom d’Oulan-Oudé en 1934, quand elle a été proclamée capitale de Bouriatie, une république nationale nouvellement créée au sein de l’URSS. Les communistes avaient rasé la plupart des monastères bouddhistes mais ont entrepris des efforts considérables pour renforcer l’identité bouriate.

L’immense opéra d’architecture stalinienne ponctué de motifs folkloriques, en est un bel exemple. La tête d’un curieux buste de Lénine de 7,5 mètres de haut observe l’édifice et sert de lieu de rencontre populaire. À Oulan-Oudé, il est coutume de se donner rendez-vous à » l’oreille droite " ou à " l’oreille gauche " du monument.
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Aux alentours, on trouvera plusieurs temples bouddhistes et le centre-ville est ponctué de statues à la mémoire des héros de contes bouriates. La spécificité bouriate la plus savoureuse est sans réserve les " poznyé «, ces petites cantines où l’on sert des » pozi " ou des " buuz ", des raviolis immenses accompagnés d’un délicieux bouillon.
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La nature bouriate est fabuleusement belle. Elle alterne les steppes et les montagnes recouvertes de taïga puis débouche sur les rives du lac Baïkal, plus sauvages, rocheuses et chaudes ici que du côté d’Irkoutsk.
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La Bouriatie compte également de nombreux sites historiques, où l’on peut observer des monticules et des pétroglyphes. Sur les cols et aux carrefours, se dressent des autels où les voyageurs laissent offrandes et cigarettes aux esprits des routes.
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En ces lieux, le chamanisme côtoie le bouddhisme. Tout près d’Oulan-Oudé, se trouve le datsan d’Ivolguinsk, le principal monastère bouddhiste de Russie que le dalaï-lama a visité à plusieurs reprises. Le moine Dachi-Dorjo Itigilov y a atteint l’illumination il y a un siècle, et on peut toujours le voir assis et immobile dans l’un des temples. Le monastère a été construit en 1945, après une longue période de persécutions, lorsque les Bouriates ont été autorisés à refonder leur communauté religieuse.
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À la chute de l’Union soviétique, plusieurs vieux datsans (collèges monastiques) ont rouvert leurs portes à Goussinooziorsk et à Aguinskoié.

D’autres peuples vivent aussi en Bouriatie. On y trouve notamment une communauté de vieux-croyants déportés en Sibérie par familles entières à la chute de l’Empire. Ils sont les gardiens de l’Ancienne Russie, et leurs villages et demeures ressemblent à si méprendre aux campagnes du XVIe-XVIIe siècles. Dans ces lieux difficiles d’accès, on retrouve des costumes oubliés et des fêtes populaires.
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La façon la plus simple de les découvrir est de se rendre au grand village de Tarbagataï, où une petite église en bois abrite un musée de la vie ancienne.
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Une fois franchi le lac Baïkal, le Transsibérien bifurque. Une ligne continue vers Vladivostok et s’étire sur le territoire de la Russie. Deux autres branches s’éloignent vers le Sud pour rejoindre la Chine via Oulan-Bator ou Harbin. Des trains directs reliant Moscou et Pékin les suivent tous les huit jours.
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